LE MAROC SOUS LES EFFETS DU COVID-19 OU L’AUTRE FACE DE LA PIÈCE

LE MAROC SOUS LES EFFETS DU COVID-19 OU L’AUTRE FACE DE LA PIÈCE
Ahmed el JABRI

Décrire sans complaisance ce qui se passe au Maroc, ne serait-ce que depuis que la pandémie du Covid-19 a déferlé sur le pays et a commencé à défrayer la chronique, revient à dire que nous sommes loin du Maroc Nouveau auquel aspire Sa Majesté le Roi Que Dieu le Glorifie. Discours après discours, l’on commence à brosser le portrait de notre pays pour enfin découvrir sa vraie face. Une face indéniablement laide, piteuse, morne et souillée. Une face démunie des nombreuses couches sédimentaires de “makeup” grotesques que nos politiques lui appliquent depuis des lustres pour dissimuler vainement les maintes imperfections qui la ternissent, la stigmatisent et la lèsent jusqu’à la moelle et qui à la longue ont fini par en faire une face de clown hideux, hargneux et effrayant qui rappelle un peu celui du film d’horreur « Ça ».

Sauf un miracle, et Dieu sait que personne n’y croit plus à force d’être déçu des décennies durant, le Maroc est aux abords de la paralysie sur tous les plans tant que nos politiques tantôt tels des prestidigitateurs prennent un malin plaisir à leurrer nos sens et à essayer de nous duper en nous faisant croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tantôt tels des zombies se contentent de faire la sourde oreille, réagissent à peine aux hautes orientations royales et ne tirent vraisemblablement aucune leçon ni des discours instructifs de notre Souverain ni des degrés de magnitudes et des valeurs d’intensités des événements marquants qui secouent le pays de temps à autre bien qu’ils soient chargés de signaux, malheureusement, jamais captés soit par insouciance, par ignorance ou, pire encore, par manque de patriotisme. L’on s’interroge sur l’existence effective de ce fameux gouvernement des compétences pointues tant convoité car susceptible d’échafauder des stratégies non seulement à même de pallier aux lacunes des gouvernements précédents, de rassurer le citoyen marocain et de gagner sa confiance mais aussi de garantir des redressements socio-économiques et politiques radicaux pour permettre le positionnement du Maroc sur l’échiquier international en tant que partenaire économique fiable et consolider son statut de pays stable et exportateur de sécurité en Afrique sub-saharienne.

Certes, d’une improvisation irrationnelle frôlant le ridicule à une autre plus insensée et d’une décision aléatoire à une autre encore autocratique, le gouvernement a fini par accumuler les défaillances qui justifient les multiples interventions royales salutaires et la méfiance grandissante du peuple vis-à-vis de ce gouvernement dogmatique à la fois juge et bourreau. A posteriori, il va de soi que le gouvernement perde sa crédibilité en plongeant le pays dans un marasme économique et une morosité générale sans précédents semant ainsi un vent de panique et d’incertitude quant au devenir de la scène politique en raison du taux faible prévisionnel de participation aux prochaines élections tous genres confondus. A cela s’ajoutent les signes qui pourraient être précurseurs de haine et de désobéissance en particulier dans les milieux défavorisés et marginalisés qui sont les plus touchés par les répercussions néfastes du Covid-19; à savoir notamment la perte d’emplois saisonniers et des petits boulots rentrant dans la catégorie du secteur informel.

Dans ce contexte, c’est à juste titre que Sa Majesté, clairvoyant, prévoyant et soucieux du devenir de son pays et de son peuple comme à l’accoutumée, a annoncé lors de son discours du 29 juillet 2020 le lancement du chantier géant de la généralisation de la couverture sociale et médicale sur les cinq années à venir. Mais alors, quel rôle joue le gouvernement s’il n’y a que le Souverain seul qui soit à l’écoute attentive permanente des attentes et des doléances de son peuple et qui soit l’unique architecte de toutes les réformes et de toutes les initiatives du développement économique, social et humain ? Et pourquoi un tel gouvernement défaillant s’obstine à refuser d’assumer la responsabilité de ses multiples échecs et s’attarde à annoncer sa démission au lieu de faire du peuple le bouc émissaire “providentiel” par excellence ? Toujours est-il que certains incidents fâcheux (insubordination contre les mesures du confinement sanitaire, accrochages avec les forces de l’ordre, attaque et pillage du marché de bétail à Casablanca la veille de Aïd Al Adha, etc…) sont imputables à une mauvaise éducation et à une perte progressive des valeurs familiales, morales, sociales, éthiques et humaines que si l’on doit s’inquiéter aujourd’hui c’est impérativement et incontestablement de la propagation de ce genre de « clusters » encore plus dévastateurs que ceux du Covid-19 ou de n’importe quel autre virus. Encore faut-il rendre à César ce qui est à César : l’état ne récolte que ce qu’il a semé en négligeant, entre autres, l’enseignement, en marginalisant les jeunes et en creusant davantage les inégalités et les disparités sociales, économiques et régionales.

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2020-08-05 2020-08-05
صرخة agadir