RETOUR AU « MOYEN ÂGE »

RETOUR AU « MOYEN ÂGE »

C’est un texte, direz-vous au premier abord, qui traite d’un film ou d’une œuvre de fiction. Navré de vous décevoir, mais il s’agit de réflexions objectives quant aux multiples ambivalences et contradictions qui caractérisent la nouvelle loi 133-13 pourtant censée apporter des solutions aux nombreux problèmes sectoriels et répondre aux attentes de la corporation de guides toutes catégories confondues qui souffre le martyre et d’une profession qui bat de l’aile.

A dieu ne plaise que je veuille semer la zizanie ! Mais qui aurait cru que cette profession replongerait un jour dans le moyen Âge ? La nouvelle loi  qui suscite la polémique eu égard au caractère flagrant et illogique de certains de ses articles (l’article 31 en est une meilleure illustration et se passe de tout commentaire), constitue un sérieux obstacle devant l’essor et l’épanouissement auxquels les guides de tourisme aspirent, ou devrais-je plutôt dire devraient d’ores et déjà cesser d’aspirer. Conçue hâtivement, unilatéralement et sans aucun sens des réalités, ladite loi fait en particulier injure à l’intelligence et au haut niveau intellectuel de la majorité des professionnels du guidage touristique. Certes, « l’âge de pierre » et d’obscurantisme que le métier a vécu des décennies durant est révolu, d’au moins à ce que l’on croyait jusqu’à ce que le volcan de la nouvelle loi tant controversée ne fasse éruption. Tramée en coulisse et sans concertation avec la population concernée, elle est le reflet d’une vision archaïque qui ne rime guère avec les objectifs ambitieux de la Vision 2020. Les changements comportementaux du touriste requièrent aujourd’hui une mise à niveau régulière et acharnée des compétences des guides de tourisme, le but étant la revalorisation d’une profession dont on peine à redorer le blason faute de bonnes volontés, de marginalisation et de conflits d’intérêts.   La question est simple : est-ce que le pays table vraiment sur le tourisme comme un facteur majeur du développement du PIB ? En se penchant sur cette nouvelle loi, je ne vois personnellement que de funestes présages. En effet, au lieu de tirer la profession du guidage touristique vers le haut -comme on se vante de le répéter lors des réunions et des rencontres- cette loi favorable à l’anarchie la rabaisse davantage et porte ainsi un énorme préjudice au tourisme dans notre pays ; toujours est-il qu’on considère vraiment le guide de tourisme comme étant un ambassadeur du pays.

Par ailleurs, à qui profiterait vraiment la constitution de sociétés de guidage de tourisme ? N’est-ce pas une arme à double tranchant ? Nul n’est dupe de la fatalité : les bailleurs de fonds ne sont-ils déjà en train de se frotter les mains à l’idée de pouvoir pérenniser davantage leur monopole et esclavagisme ?! Quelle aubaine pour eux ! Ma foi, quand l’absence de scrupules devient monnaie courante, il faut s’attendre à tout.

Décidément, on aurait tout vu. Morosité conjoncturelle, usurpation du métier de guide de tourisme par les marocains et les étrangers en l’absence de contrôles réguliers et rigoureux, lobbysme, exclusion de toutes  prises de décisions cruciales, interférences entre intérêts personnels et intérêt général, désintégration de la structure de cette corporation… L’on se demande aujourd’hui si la profession est à bout de ses peines et de ses déboires ?!

Cependant, bien que la corporation de guides de tourisme soit hétérogène, elle compte encore heureusement parmi ses rangs une poignée de militants dont la voix ne cessera de s’élever pour briser le silence et dénoncer toute forme de conservatisme et d’immobilisation. 

Ahmed El Jabri

Marrakech

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2017-02-15
صرخة agadir